
Un employeur peut-il fouiller le sac ou le casier de son
salarié soupçonné de vol ?
Cette question met en jeu deux droits aussi importants qu’antinomiques : d’un côté le droit de l’employeur de protéger les intérêts de son entreprise ; de l’autre, le droit du salarié au respect de ses libertés individuelles et de sa vie privée.
Dans un
arrêt en date du 11 février 2009 (n°07-42068) la Chambre Sociale de la Cour de Cassation marque nettement sa volonté de privilégier la
protection des droits du salarié.
Il s’agissait en l’espèce d’un salarié licencié pour
faute grave après que la fouille de son sac, opérée avec son accord, ait permis de constater que ce dernier contenait du
matériel dérobé à l’entreprise.
La Cour de Cassation considère le licenciement illégal au motif que la fouille du sac du salarié n’a pas été réalisée dans des conditions suffisamment protectrices de ses droits.
Pour la Haute Juridiction une telle fouille n’est en effet valable qu’à la
triple condition que :
- l’employeur ait préalablement informé le salarié de son
droit de s’opposer à une telle mesure intrusive ;
- l’employeur ait également indiqué au salarié que celui-ci a le
droit d’exiger la présence d’un témoin ;
- le salarié ait donné son
accord à la fouille en pleine connaissance de cause après avoir reçu toutes les informations susvisées.
Si, comme dans l’affaire en cause, l’employeur n’est pas en mesure de
rapporter la preuve qu’il a bien informé son salarié de ses droits, la fouille pratiquée, même avec le consentement du salarié, n’est pas valable.
Elle ne peut alors pas justifier une
mesure de licenciement.Afin de rapporter cette preuve, il est conseillé à l’employeur de faire signer à son salarié un
document écrit dans lequel il donne son accord à la fouille et reconnaît expressément avoir été avisé de son droit de la refuser et d’être assisté d’un témoin.